INTERVIEWS des AUTEURS

   Apprenez à connaitre vos auteur(e)s:

 

Domique Uhlen
(Ed- Passion du Livre)

Comment vous est venue l’envie d’écrire ? Toute petite déjà je racontais et je me racontais des histoires. J’avais une imagination débordante nourrie par la lecture et les voyages que nous faisions car mon père se déplaçait beaucoup et notre famille est dispersée en France et à l’étranger.

Comment de temps cela vous a-t –il pris pour l’écriture de vos ouvrages : Le premier ouvrage m’a pris plus de deux ans, c’est le livre de l’émotion et des souvenirs « l’adieu et les larmes » qui parle de ma relation fusionnelle avec ma sœur décédée et de sa fin de vie. J’ai beaucoup raturé si je puis dire car ce livre au départ a été un véritable exutoire pour crier ma colère…. Je m’étais livrée puis j’ai fait des pas en arrière, pudiquement… Le second « Dis-moi si tu m’aimes » dormait dans mes tiroirs et le troisième a été écrit en 6 mois…. Je pense que 6 mois est ma vitesse de croisière…

Qu’est-ce qui vous a poussé à écrire ces livres ? Les émotions, l’envie de partage, mon imagination et le plaisir immense de l’écriture. Le choix des mots, des formules. L’écriture est une musique en tout cas je le ressens comme ça, de même que le bien parler… J’aime le « H » aspiré des Haricots, j’y tiens et ne digère pas lesharicots !!

Pourriez-vous m’en dire un peu plus à propos de vos livres et expliquer à qui il s’adresse ? « L’adieu et les larmes » est un livre intimiste qui s’adresse à des personnes ouvertes aux autres et aux émotions. Il évoque la maladie et la perte d’un être cher…. Mais pas que… il parle de la vie qui passe et qu’il faut croquer à pleines dents ! les autres ouvrages sont des romans, de la fiction… Ils mettent en exergue les travers de notre société. L’amour, pas forcément romantique, est omniprésent.

Connaissiez-vous déjà la fin du livre ou laissez-vous évoluer vos personnages ? Oui et non, au fil de l’écriture je peux changer la destinée d’un personnage parce que je ne ressens plus les mêmes choses au fil des évènements que mon récit décrit, comme dans la vie on ne prend pas toujours la direction que l’on avait envisagée… je vis mes personnages. Je me laisse porter.

Il y a-t-il des personnages qui existent vraiment, dont vous vous êtes inspiré ? Absolument même si ce qui leur arrive dans mes livres n’est pas tout à fait la vérité. Tout m’inspire : Une personne, un lieu, un évènement, une odeur…

Quelle(s) difficulté(s) avez-vous rencontré pendant l’écriture de vos livres ? Comment les surmontez-vous ? Je n’ai pas le souvenir de difficultés particulières, l’écriture coule naturellement, cela n’est pas prétentieux car un autre auteur pourrait, sur les mêmes idées, assurément raconter mieux que moi… Ma bête noire est plutôt l’orthographe qui est un exercice de style bien à part… Lorsque l’on écrit on ne fait pas une dictée, on conte… du coup il peut y avoir des erreurs… et ça je n’aime pas… déjà par respect pour le lecteur.

Où peut-on se procurer votre livre ? Oh comme j’aimerais pouvoir vous dire dans n’importe quelle librairie ! Ce n’est pas le cas d’une jeune auteure qui débute… Donc chez mon éditrice préférée Édition Passion du Livre – Marika DAURES, la Fnac, Amazon, Hachette, etc. et quelques libraires en Auvergne…

Où en êtes-vous aujourd’hui ? Je travaille sur le 4ième et je change encore de style puisqu’il fera écho à l’enfance d’une parente née dans les années 25. Là je vais prendre mon temps et souffler un peu.

Que représente l’écriture pour vous ? Une respiration, un défoulement, une nécessité… En tout cas cela m’est indispensable. J’écris des livres mais aussi des scénarios pour une entreprise auvergnate qui vend des week-end cinéma.

Quand écrivez-vous ? Des horaires ? J’écris tous les jours où presque, matin et après-midi, environ 5 heures par jour, quelque fois la nuit car elle est propice aux idées…

Quelles étaient vos lectures enfant ? J’ai bien sûr commencé par la bibliothèque rose et verte, puis rouge et or, puis les classiques vers 12 ans Victor Hugo, Maupassant, Balzac etc., et j’ai très vite jeté mon dévolu sur des ouvrages plus adultes… La lecture a été, est une véritable évasion et une source de réflexion.

Interviews de : Pierre Eyrignoux (Ed- Passion du Livre)


Editions Passion du Livre (2018)

Bonjour Pierre,

expliquez nous ce dernier ouvrage publié?

*Ce livre est essentiellement autobiographique et aucun des personnages de cette histoire n’est inventé comme j’ai pu le faire parfois dans d’autres récits, nouvelles ou romans comme « Adolescents en Algérie—Une terre dans la peau—Djidjelli 1954-1962 » , « Une gourmette méditerranéenne » ou « La révolte des fleurs » par exemple.

Le » besoin d’écrire m’a investi d’une façon impérieuse dans des circonstances tragiques en 1971 alors que j’étais prof de lettres coopérant en Algérie, à la suite du décès de mon épouse, enceinte de 8 mois dans un accident de voiture.

La poésie a été la première porte de la création littéraire que j’ai entre baillée et dans laquelle je me suis jeté pour dire l’amour fusionnel que ma femme disparue et moi-même portions à cette terre algérienne généreuse et virginale où nous étions nés et où nous avions décidé de rester vivre avec nos parents après L’Indépendance du pays en 1962.

Beaucoup plus tard, en France,  à la fin de ma carrière d’enseignant, tout en continuant à écrire des poèmes, et à les faire publier dans de nombreuses revues et recueils, la prose m’a tenté avec laquelle j’ai abordé le témoignage historique, le conte, la nouvelle, le roman toujours sur la toile de fond de cette Algérie où j’ai vécu passionnément jusqu’en 1987, date à la quelle toute ma famille se replia en France chassée par la guerre civile algérienne, la terrible ‘’Décennie Noire’’ qui ensanglanta le pays jusqu’au milieu des années 2000.

Déjà dans les années 60 et 70, la nature somptueuse de notre terre natale préservée des outrages du tourisme de masse a fait naître en moi une prise de conscience écologique qui ne m’a jamais quitté jusqu’à ce jour et qui a été souvent une source d’inspiration littéraire en même temps qu’une priorité à affirmer pour déciller les regards devant les menaces d’une société consumériste irresponsable, gaspilleuse des ses ressources et de son cadre de vie. Je dois à l’environnement paradisiaque de La Petite Kabylie où je vivais l’émergence d’un éveil du sentiment de la beauté du monde à ne pas dégrader et à célébrer. Au fil de mes écrits, je ne manque jamais une occasion d’y faire allusion en manifestant mon inquiétude pour l’avenir de la planète.

Combien de temps avant de pouvoir dévoiler une partie de son histoire?

L’écriture de « Comme par hasard ! » m’a pris un an en 2015,   après que le récit  ait maturé longtemps dans ma pensée et que j’ai souvent consulté ma femme sur le bien fondé de le coucher sur le papier pour le proposer aux lecteurs. Le thème du hasard orchestrateur fantasque, froid, souriant, impassible de nos destinées,  m’a plusieurs fois interpellé à des moments clé de mon existence parsemant celle-ci de questions troublantes mais sans réponses. Puis le déclic s’est produit et les premières lignes ont couru sous ma plume pour mettre en évidence cette entité insaisissable ‘’régente’’ des parcours de vie à tous.J’ai écrit ce livre pour ma femme, mes enfants, les membres de ma famille élargie, mes amis qui ont connu les époques et les lieux évoqués et évidemment d’autres lecteurs pour les dépayser et semer un doute dans leur esprit cartésien en les faisant accéder à une réalité, certes dérangeante, que l’on a tendance à évacuer au nom de la souveraine raison.

Un thème à vos livre ou un fil conducteur?

Les thèmes qui m’ont souvent inspiré sont les suivants : l’exil, l’attachement à une terre natale, les croisées magiques et parfois douloureuses où se tissent des liens surprenants, l’importance d’une communion  au quotidien avec les éléments d’une nature à préserver qui nous englobe de la naissance à la mort jusque dans l’insondable des cœurs, les paysages qui vous aident à respirer…….

De futurs projets?

Composer une saga de la vie de tous mes chiens qui ont été mes compagnons depuis mon enfance jusqu’au dernier en 2018. Je compte lui donner comme titre : « Chiens(nes) de nos vies ». Ils seront bien sûr associés à tous les épisodes de notre vie familiale et amicale.

Comment vivez-vous le fait d’écrire ?

Ménager la pudeur des sentiments pour raconter les vicissitudes et les bonheurs de la vie de chacun ; éviter de tomber le sensationnel en exposant simplement les faits sans la surcharge du pathos et d’un sentimentalisme démonstratif. Dans ce but  j’ai soumis mes écrits à mon entourage pour solliciter son avis.

Quels sont vos coups de « cœur littéraire »

Le 19ème siècle français et européen en général ; Jean D’Ormesson ; Aragon ;Joseph Kessel ;Philippe Roth ; Tom Wolf  et bien d’autres…..

Comment vous organisez-vous pour écrire? un endroit? une heure?

J’écris à toutes les heures de la journée ; jamais la nuit ; en marchant, sur la plage, sur mon bateau, dans la nature ; j’ai toujours un carnet sur moi pour noter les idées qui me traversent, les rimes qui me viennent, les émotions qui m’imprègnent…..